Bed close-new close-new Arrow Bed Facebook LinkedIn Night Phone Search mail Twitter

Samusocial

Dispositif d’urgence pour personnes sans-abri

FEDASIL – La mission d’accueil et d’orientation des demandeurs d’asile du Samusocial

04/09/2017

On connaît surtout le Samusocial à travers son action auprès des personnes  sans-abri…Mais si on vous disait que c’est loin d’être sa seule mission ?  Eh oui, le Samusocial est également mandaté par l’agence fédérale Fedasil* pour l’aider à assumer sa mission d’accueil et d’orientation des nombreux migrants qui demandent l’asile en Belgique. Suivez-nous et découvrez le parcours long et difficile d’un demandeur d’asile, de NOH à Toussaint ! Découvrez la vie dans nos centres !

Pour commencer, un petit regard en arrière s’impose.

2008 : un afflux de demandeurs d’asile arrive en Belgique. C’est l’occasion de la première collaboration entre le Samusocial et Fedasil. Les années suivantes, les places d’accueil disponibles au sein des différents centres d’accueil du Samusocial ouvriront et fermeront au gré des flux d’arrivée de migrants.
En 2010, une nouvelle vague en provenance d’Afghanistan pousse l’Etat belge à faire appel au Samusocial de manière plus soutenue : un nouveau centre ouvre, entièrement  dédié aux demandeurs d’asile : c’est le centre « Fritz Toussaint », situé à Ixelles. Il peut accueillir jusqu’à 250 personnes. Une quarantaine de travailleurs sont engagés afin d’offrir aux résidents les droits prévus par la “loi Accueil” du 12 janvier 2007: assistants sociaux, éducateurs, infirmiers, médecin, technicien, chargé de mission, coordinateurs de centre…le tout chapeauté par Marina Delhumeau, responsable du mandat Fedasil du Samusocial.

Le Samusocial, deux centres au service des résidents

Le centre « Toussaint » Samusocial a pour mission d’offrir l’aide matérielle (hébergement, couvert, assistance sociale, …) aux demandeurs d’asile désignés par Fedasil. Mais en 2015, c’est le tournant. L’occupation massive du Parc Maximilien en septembre pose question : où en est Bruxelles quant à sa capacité d’accueil des demandeurs d’asile ?  Pour pallier cette situation humanitaire critique, la relation entre le Samusocial et Fedasil se voit renforcée.

  • Dès novembre 2015, le Samusocial reçoit un nouveau mandat pour l’ouverture de 400 places pour demandeurs d’asile, dont 100 Mineurs et Enfants Non Accompagnés (MENA). A partir du mois de juillet 2016, le mandat est modifié : le centre gère désormais 250 places de « transit », à Neder-Over-Hembeek. C’est le seul centre de transit en Belgique ! (Découvrez ICI le fonctionnement du centre NOH)
    Mais quel est le lien entre le centre NOH et le centre Toussaint ? Quel parcours administratif pour un demandeur d’asile ?  Pour en savoir plus, suivez le lien !

 

  • Avec le « Petit Château », le Centre Croix Rouge de Jette, le Centre Fedasil de Woluwé, le centre pour MENA de NOH et le centre Samusocial de NOH, le centre Fritz Toussaint est l’un des centres Fedasil basés à Bruxelles. Le suivi de la procédure d’asile auprès des hébergés est ainsi facilité puisque l’ensemble des partenaires et acteurs de la procédure de demande d’asile se trouvent…également à Bruxelles ! (Office des Etrangers, CGRA, Conseil Contentieux des étrangers, Fedasil…). Cette promiscuité avec les partenaires n’est pas la seule plus-value qu’apporte le centre Samusocial :

Les demandeurs d’asile sont un public multiculturel…accueilli par des travailleurs multiculturels. Encore mieux, certains travailleurs sont eux-mêmes d’anciens demandeurs d’asile : mieux que quiconque, ils connaissent toutes les difficultés psychologiques soulevées par un tel parcours…

L’agence Fedasil finance intégralement le fonctionnement du centre, régi par un cadre et une offre de services bien stricts, pré-définis et qui vaut pour tout centre d’accueil : outre l’hébergement, les demandeurs d’asile y trouvent une aide sociale, juridique et médicale. Le cadre Fedasil est appliqué dans le centre, notamment au niveau du règlement d’ordre intérieur. 

« On aime travailler avec Fedasil, et je pense qu’on peut dire qu’ils aiment travailler avec nous, » explique Marina.
Justement, quels sont donc les grands axes de collaboration avec Fedasil ? « Fedasil désigne les personnes qui arrivent au Samusocial (lire aussi “Du transit à l’accueil, parcours d’un demandeur d’asile” ). Ils nous appellent pour attirer notre attention sur les personnes présentant un problème médical particulier. Si ce problème s’avère trop important, nous orienterons la personne vers l’hôpital ou une structure adaptée. Ils nous appellent également pour exposer les situations lourdes qu’ils nous envoient. Pour les autres, nous attendons les désignations via les mails ou depuis peu via “Match-it”, un outil informatique mis en place par Fedasil. Et puis nous nous réunissons régulièrement : ils nous soumettent leurs nouvelles instructions, ils écoutent notre “retour terrain”. Grâce aux années de collaboration, on sait ce qu’on peut mettre en place pour que les choses s’améliorent. Nous sommes dans une relation de confiance. Au moment de la crise médiatique qui a récemment secoué le Samusocial, nous avons vécu un moment humain très fort : des collègues de Fedasil nous ont appelés pour savoir comment on allait, ils se sont inquiétés de savoir l’impact que cela aurait auprès des travailleurs. »

Le quotidien au centre « Toussaint » 

Et comment se passe la vie quotidienne dans le centre Toussaint ?

A son arrivée, la personne demandeuse d’asile se voit désigner un(e) assistant(e) social(e) « référent(e) ». Celui-ci réalise alors un entretien d’accueil avec le résident.
Le Règlement d’ordre Intérieur lui est exposé (et doit être traduit dans la langue du résident. Actuellement le ROI existe en 7 langues. Si la langue du résident n’y figure pas, le Samusocial fait appel au SeTIS)**.
Son dossier est ensuite créé : celui-ci comporte une partie sociale, qui suit les avancées de son dossier administratif, et une partie communautaire, qui mentionnera les éventuels problèmes liés au comportement de la personne dans le centre et les sanctions qui en découlent.***
Le résident passe également une visite médicale. Celle-ci n’est pas obligatoire mais fortement recommandée. Quels sont ses besoins médicaux ? La personne doit-elle suivre  un traitement ? Pour les éventuels  besoins de suivi psychologique, le Samusocial collabore avec les asbl Ulysse et Exil.

 

 

 

 

 

 

Le résident est accompagné à sa chambre. Il reçoit un kit d’accueil, qui comprend, en plus des produits d’hygiène, une couverture, une assiette pour les repas et un cadenas pour les armoires de sécurité.

Outre le suivi du dossier social de chaque résident, (à travers ses différents RdV à l’Office des Etrangers, au CGRA, etc) la vie au sein du centre est rythmée par les activités proposées. Grâce au précieux soutien de la BNP Paribas Foundation (depuis un an et reconduit pendant 2 ans), 3 éducateurs coordonnent et animent 3 volets d’activités :

Le  volet « intégration » propose un soutien à la recherche d’emploi, en mettant à disposition des ordinateurs , et en aidant les demandeurs d’asile à rédiger CV et lettre de motivation.

 

 

 

 

 

 

Le volet « Femmes » propose des activités ludiques et sportives (Yoga, Pilates, Poterie…) pour se retrouver entre femmes, se poser.

Enfin, le volet « Animations », propose une foultitude de sorties sportives et culturelles : théâtre, cinéma, piscine, foot, sorties à la mer, en festivals, art-thérapie. Tous  les lundis matins, l’ensemble des activités de la semaine sont annoncées, pour lesquelles les résidents doivent s’inscrire.

Au-delà de ces activités à l’extérieur, une salle de musculation est mise à disposition des résidents au sein du centre.

 

 

 

 

 

 

« Les liens sociaux entre résidents se tissent surtout grâce aux activités proposées et notamment grâce au projet pédagogique financé par BNP », insiste Marina.

La relation entre travailleurs du Samusocial envers les résidents des centres NOH et Toussaint est bien différente de la relation qui se forme dans les autres centres du Samusocial, qui accueillent le public sans abri. « Notre public veut quitter au plus vite cette situation précaire de demandeur d’asile, ce qui n’est pas forcément le cas d’une personne sans abri », rappelle  Simon, coordinateur du centre. « On y croit, on veut les aider au maximum. On sait bien que ces personnes n’ont pas forcément envie d’être là, c’est la situation dans leur pays d’origine qui les y a forcés. On ne veut pas qu’ils rentrent dans un moule, on comprend leurs revendications. On peut comprendre qu’ils en aient assez de manger la nourriture qu’on leur sert. On se met à leur place. On essaye de leur faire comprendre que tout ce que l’on peut faire pour eux, on le fait. Qu’on est toujours prêts à faire plus. On a d’ailleurs récemment mis en place un atelier « cuisines du monde ». C’est très gai. On reste humains, on est à l’écoute. On ne veut pas imposer notre culture, mais aussi apprendre d’eux. »

Nul doute qu’il règne une grande humanité dans les centres du Samusocial mandatés par Fedasil. Preuve en est : «Tout le monde pleure en arrivant, mais aussi en repartant, raconte Simon.  « Parfois, ce sont des larmes de bonheur quand une personne voit sa situation régularisée. C’est notre plus grande joie, on se réjouit avec eux et on fête la bonne nouvelle. Mais ce sont aussi des larmes de tristesse de devoir quitter le centre, les travailleurs et les autres résidents, leurs compagnons d’infortune.» 

Vous voulez en savoir plus sur le quotidien dans le centre Toussaint ? Retrouvez ICI l’Interview intégrale de Simon, coordinateur du centre  !

 

 

*Fedasil : Agence fédérale pour l’Accueil des Demandeurs d’Asile

**Le SeTIS est le Service de Traduction et d’Interprétariat en milieu social

*** Ces sanctions sont prévues par Fedasil. Simon Dujardin, coordinateur du centre, explique : « il faut veiller à ne pas être trop dans l’affect vis-à-vis des personnes. C’est difficile, car des liens se créent, forcément. » Les sanctions sont attribuées en fonction du degré de gravité du « délit ». Cela peut aller de l’impossibilité temporaire de participer aux activités à l’impossibilité de participer au travail communautaire (pour lequel les demandeurs d’asile sont rémunérés), en passant par le retrait de l’argent de poche. La sanction la plus lourde est l’exclusion du réseau Fedasil pendant 30 jours, rappelle Simon. Passé ce temps, la personne devra à nouveau se présenter au dispatching Fedasil. »

close

Newsletter

Notre newsletter vous informe des dernières nouvelles du Samusocial. Trimestrielle et gratuite, vous la recevez directement dans votre boîte mail. Vous pouvez bien sûr vous désinscrire à tout moment. Intéressé(e)? Laissez-nous votre adresse mail !