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Samusocial

Dispositif d’urgence pour personnes sans-abri

Le « Jeudi de la Femme » souffle sa première bougie !

06/12/2016

Au Centre « familles » du Samusocial, à Woluwé Saint Lambert, ce jeudi 1° décembre est teinté d’émotion : voilà exactement un an que le premier « Jeudi de la Femme » a eu lieu !

Mais que se cache-t-il derrière cette étrange expression ? Il y a un an, nous faisions le constat que les femmes accueillies au Centre sont souvent prises dans un cercle vicieux appelé dans notre jargon la « continuité des violences » , qui combine pour ces femmes un passé en marge de la société, un oubli de soi face à sa famille ou des démarches administratives dont elles ne détiennent souvent pas les codes, ou encore une dénaturation de leur rôle de mère et de femme (elles ne cuisinent plus dans le Centre, elles sont secondées/conseillées pour l’éducation des enfants, elles logent et vivent dans la même pièce que leur famille, elles n’ont pas ou peu de réseau de soutien).

Le « Jeudi de la Femme » propose donc aux femmes du Centre de sortir de leur quotidien autour d’une activité ludique, deux Jeudis par mois, pendant 2 heures. Car se retrouver entre femmes, c’est aussi se retrouver soi-même. Pour chacune, l’objectif est avant tout d’être valorisée, de prendre confiance en soi et en ses compétences, tout en se tournant vers les autres. Ainsi, les femmes trouvent un espace sécurisant et ressourçant où elles ont envie de revenir.

Ce jeudi-là, elles sont 9. Elles arrivent les unes après les autres, se saluent, celles qui sont déjà venues ne cachent pas leur plaisir de se retrouver à l’occasion d’un « Jeudi de la Femme ». Nous buvons un thé, un café, partageons des gaufres. Nous sommes toutes assises en cercle. Catalina, l’animatrice de la séance, en annonce le déroulé : « Nous sommes entre nous, entre femmes, pour un moment qui fait du bien. A chacune de sentir et de faire ce qui est en accord avec ses besoins et ses envies. A chacune de parler si elle a envie de parler… ». Pour clôturer cette introduction, Catalina précise que la confidentialité est bien entendu de mise : « ce qui se dit au Jeudi de la Femme reste au Jeudi de la Femme » Après ses paroles qui mettent en confiance, chacune se présente, ajoute un mot, une pensée qu’elle souhaite partager…L’une rappelle son plaisir de venir au Jeudi de la Femme, car ça lui donne « une raison agréable de sortir de sa chambre ». Pour une autre, cela lui “permet d’évacuer le stress” .

Sur une musique douce et entraînante, les femmes arpentent la pièce pieds nus, s’approprient l’espace, vont à la rencontre les unes des autres. Nous marchons d’abord seules, puis par deux, main dans la main, puis par trois… Parce que le Jeudi de la Femme, c’est aussi une mise en mouvement, une mise en action, un rendez-vous avec soi-même.

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Nous installons des tables et démarrons l’activité. Pour le premier anniversaire du Jeudi de la Femme, nous faisons appel à notre créativité. Et restituons, en mots, en formes et en couleurs, ce que ce moment représente pour chacune d’entre nous. L’animatrice demande quelle musique nous souhaiterions écouter. Sans hésiter, Aïssatou demande que l’on passe « A nos actes manqués » de Jean-Jacques Goldman, et commente, en souriant : « Mais oui, parce qu’on a toutes manqué quelque chose, pour être ici, au Samusocial !» 

Catalina est aussi psychologue. Elle explique : « Après une séance du Jeudi de la Femme, elles hésitent moins à venir en consultation psy ou infirmière. Pendant la séance, je ne suis plus la psychologue. Même s’il y a des limites dans mon rôle, je suis aussi là en tant que femme. »

Pendant 2 heures, on écrit, on découpe, on colle, on rit, on échange, on raconte…Et déjà il est l’heure d’arrêter. On se remercie mutuellement, l’ambiance est totalement détendue, les réserves se sont envolées, les femmes s’embrassent…on se dit au revoir, ou plutôt, à très bientôt. Les anciennes participantes le savent : les nouvelles reviendront !