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Samusocial

Dispositif d’urgence pour personnes sans-abri

Rencontre avec Julien, éducateur au Centre familles

25/09/2017

Julien, en quoi consiste ton travail au Centre familles ?

« En tant qu’éducateur, ma mission première est la gestion des demandes et des besoins des résidents. Cela va du changement d’un lit de bébé pour un lit d’enfant, à la recherche d’appartement, en passant par la gestion des conflits. Deux grandes étapes dans la prise en charge des résidents sont bien sûr l’accueil des familles et la gestion de leur sortie. Je veille aussi au respect des règles dans le Centre, cela facilite la vie en communauté. La majorité des familles sont assez conciliantes.

Le deuxième volet, c’est l’organisation d’activités pour les résidents. Nous sommes deux éducateurs par semaine dans le Centre pour 147 résidents. D’où l’importance de créer des partenariats. « Huis Van De Mens » propose un camp pour les enfants pendant les vacances d’été, « Solidarité Grands Froids » organise toutes les fêtes liées aux dates-clefs comme Pâques, Saint Nicolas, Halloween… Quant à « Serve The City », ils organisent l’école des devoirs pour les enfants et proposent des cours de français et néerlandais pour les adultes.

Il y a aussi toutes les activités que nous organisons régulièrement en interne : foot, chaises musicales, chasses au trésor…, mais aussi des projections de films dans la salle TV… Dans la mesure du possible, on favorise les sorties. On a de la chance d’être à Bruxelles, il y a beaucoup d’évènements gratuits ! Je pense à « Bruxelles-Champêtre », au Festival « Hopla », « Jam in Jette »… d’avril à septembre les événements sont nombreux dans la capitale! On a aussi accès à des spectacles grâce aux tickets à tarif réduit « article 27 ».
En début de semaine, les activités sont affichées. On essaye de satisfaire les envies de tous, selon les âges. En tant qu’éducateur, on accompagne et on encadre. Cela permet de créer un lien de confiance avec les résidents. On essaye toujours de faire en sorte que les parents des plus jeunes soient présents, ils doivent garder leur rôle. Pour les sorties avec les jeunes ados, on tâche de privilégier les petit groupes : c’est une autre tranche d’âge, on essaye de créer une autre relation avec eux. On va au minigolf au cinéma, au musée (gratuit le 1er dimanche et mercredi du mois)… »

Julien, en quoi la crise du Samusocial a-t-elle impacté le centre familles?

J’ai appris que mes collègues des équipes mobiles ont subi beaucoup d’animosité, voire d’agressivité de la part des gens en rue. Nous, au centre familles, sommes moins impactés que la Médihalte ou la Maraude, qui fonctionnent en partie grâce aux dons privés.

Par contre, le fait que les médias aient appelé cette crise « l’affaire du Samusocial » a été très dommageable. Comme le disait un collègue de la Maraude, ils auraient mieux fait d’appeler cela « l’affaire Mayeur – Peraïta ». Maintenant, je mets une veste au-dessus de mon gilet estampillé Samusocial quand je sors du centre. Peur d’avoir des remarques ! Nous n’abordons plus fièrement le nom de l’institution. Heureusement, nous avons reçu beaucoup de marques de soutien de nos partenaires. »

Comment envisages-tu l’avenir ?

« Bien sûr je m’inquiète pour mon poste, comme tous les travailleurs je pense. Je suis en CDI, mais si nous subissions une restriction budgétaire, alors je ressentirais de l’incertitude. Mais je ne suis pas le plus mal loti. Si demain, je perdais mon job, je pourrais sans doute retrouver quelque chose assez facilement : j’ai la trentaine. Cela peut être beaucoup plus compliqué pour d’autres travailleurs plus âgés.
Quand j’ai commencé dans le centre, les effectifs étaient de moitié. Aujourd’hui, nous sommes un nombre acceptable de travailleurs, au fur et à mesure le Samusocial a pu recruter pour que certains ne doivent pas porter trop de casquettes en même temps. Il est donc difficilement envisageable que les effectifs diminuent.

Et puis je m’inquiète pour le public que nous aidons. Je ne peux pas imaginer 41 familles, dont des enfants en bas-âges, d’autres scolarisés, se retrouver à la rue. D’autant plus que certaines de ces familles sont proches de trouver un logement, grâce à notre accompagnement social. 

Nous espérons que nos nouveaux gestionnaires assureront la continuité de ce beau projet auquel tant de travailleurs ont contribué,  je serais triste de le voir tomber à l’eau.»

EN SAVOIR PLUS !

Le fonctionnement du Centre familles 

Rencontre : Nayah, 30 ans, et ses deux enfants, hébergés au Centre familles depuis 1 an

 

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