1000 places en moins : “bien sûr, on va vers un ‘Parc Maximilien bis’” !
17/08/2026
Le gouvernement fédéral a annoncé la suppression de 1000 places d’hébergement prévues dans le cadre du Brussels deal, sans aucune concertation préalable avec les acteurs du secteur. Derrière ces chiffres, il y a des enfants, des familles, des femmes – souvent victimes de violences conjugales – , des hommes. Ces personnes sont accompagnées par des travailleur·euses engagé·es, à bout de souffle. Aujourd’hui, nous leur donnons la parole.
Céline, référente Psycho-médico sociale au centre pour hommes isolés ‘Poincaré’
“Ce ne sont pas des lignes budgétaires que l’on supprime, ce sont les protections individuelles d’autant d’hommes, de femmes, d’enfants.
Nous, les travailleur·euses, savons bien à quoi nous attendre. C’est écrit : plus de détresse, plus de personnes laissées sans solution par des services déjà en souffrance.
Tout le travail social de plusieurs années, de professionnalisation de tout un secteur, à travers de précieuses collaborations avec nos partenaires, eux aussi mis à mal… tout s’effondre!
Quel retour en arrière! Le Samusocial va-t-il redevenir un simple organisme de mise à l’abri, dans l’urgence?
Je refuse d’être le témoin silencieux d’une crise annoncée. Bien entendu, on va vers un ‘Parc Maximilien bis’!
Aux décideurs politiques : écoutez celles et ceux qui vivent la réalité du sans-abrisme au quotidien. Nous sommes les expert·es!
L’histoire ne retiendra pas les économies réalisées mais bien qui aura décidé de ne pas détourner le regard, alors qu’il est encore temps d’agir. “
Abdou, 32 ans, hébergé au sein de notre centre pour personnes vulnérables et médicalisées
“Tout va devenir difficile pour les personnes, comme moi, qui ont des problèmes médicaux. Pour le moment, je n’arrive pas à prendre mes médicaments tout seul, j’ai besoin d’aide, j’ai besoin d’un endroit comme le Samusocial. Je prends des médicaments quatre fois par jour.
Je me suis fait agresser par une personne toxicomane, qui voulait mon argent et m’a jeté de l’ammoniaque dans les yeux. Depuis je suis malvoyant. J’ai perdu mon boulot, mon logement.
Les médecins m’ont dit que je ne verrai plus jamais comme avant, mais qu’on pourrait un peu arranger la situation avec une opération.
Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir rester au Samusocial, j’espère au moins jusqu’à ce que je sois un peu plus autonome.”
Photo de Abdou : © Vincen Beeckman