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Samusocial

1000 places en moins : “chaque suppression, c’est une personne sabotée”

01/09/2026

Le gouvernement fédéral a annoncé la suppression de 1000 places d’hébergement prévues dans le cadre du Brussels deal, sans aucune concertation préalable avec les acteurs du secteur. Derrière ces chiffres, il y a des enfants, des familles, des femmes – souvent victimes de violences conjugales – , des hommes. Ces personnes sont accompagnées par des travailleur·euses engagé·es, à bout de souffle. Aujourd’hui, nous leur donnons la parole.

Fally Paul, aide-soignant au centre pour personnes vulnérables et médicalisées du Samusocial

“Je suis quotidiennement confronté aux difficultés des personnes qui ont besoin d’un hébergement, de soins d’hygiène et de soins médicaux. Supprimer 1000 places d’accueil? Cela ne fera pas disparaître leurs besoins ! Au contraire, le nombre de personnes sans solution va inévitablement augmenter… le Samusocial est déjà le dernier filet, pour beaucoup. 

La suppression de places ne fera qu’accroître la pression sur le secteur, ainsi que la fragilité des personnes : elles reviendront, encore plus malades, encore plus vulnérables. Cela va coûter encore plus cher. C’est un cercle vicieux, pour le gouvernement, pour les bailleurs, pour les travailleurs, pour tout le monde. 

L’hébergement est une première étape essentielle pour pouvoir travailler sur la santé, les démarches administratives , l’autonomie et l’insertion sociale des personnes. Derrière chaque place, il y a un accompagnement, une écoute, un soutien, pour pouvoir retrouver progressivement une certaine stabilité. Chaque suppression, c’est une personne sabotée : son logement, sa santé, son intégrité, son estime de soi… 

 Je suis très inquiet, pour tous les travailleurs du secteur, et pour toutes les personnes que ce secteur aide comme il peut. Cette décision gouvernementale annonce un véritable drame social. J’espère encore un tout petit peu, pour qu’une solution soit trouvée. C’est humain.”

 

Chrisvie, aide-soignante 

“1000 places, c’est énorme ! Que va-t-il se passer? Nous n’avons pas les moyens de faire face!
Se rendent-ils compte qu’ils jettent des personnes sur le trottoir? Qu’ils envoient des travailleur·euses au chômage? Les hébergé·es le disent, ils ont besoin de personnel pour les soutenir : des infirmiers, des aides soignant·es, des assistants sociaux… l’aide aux personnes sans abri est un secteur compliqué, qui demande de l’expertise. Supprimer ces postes n’est pas stratégique : tisser des relations de confiance avec les personnes que nous soutenons est un travail compliqué, de longue haleine. Tout ceci est surréaliste : que va-t-il leur arriver? Et à nous?”

 

Sobhi, 40 ans, hébergé.

“Je suis ici depuis deux ans et demi, parce que je cumule les problèmes médicaux. Je suis albinos de naissance et j’ai un risque de cancer de la peau très élevé. Un effet collatéral de cette maladie fait que je suis malvoyant, je n’ai que 1/10 de vision. Et puis je souffre beaucoup psychologiquement, parce que tout le monde se moque de moi. 

Le Samusocial, je connais bien! Je le fréquente depuis 2018… Avant d’être ici, dans le centre médicalisé, j’ai connu le centre pour hommes isolés, et puis les centres hivernaux. 

Si 1000 places ferment, qui va trouver une solution pour nous? Comment vont faire les gens malades, comme moi? A cause de mon albinisme, je ne sors quasiment pas. J’ai besoin de contact et ici, c’est le seul endroit où on me respecte.”

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