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Samusocial

À 25 ans, Nethy devient propriétaire : “Je veux laisser un toit à mes filles”

12/08/2025

Quand Nethy arrive en Belgique en 2022, elle est pleine d’espoir. Elle vient de rencontrer un Belge en France, où elle était arrivée quelques mois plus tôt, en provenance du Congo. Elle va donc poser ses valises, avec lui. Mais il la quitte du jour au lendemain. Elle n’a ni papiers, ni argent, ni réseau autour d’elle. Elle passe plusieurs nuits en rue… elle est souvent nauséeuse… Une dame la prend sous son aile et l’accompagne à l’hôpital. Nethy découvre qu’elle est enceinte. 

Livrée à elle-même, sans famille, sans logement, elle est orientée vers un centre du Samusocial, où elle pourra au moins dormir au chaud. 

Quelques mois plus tard, en mars 2023, elle donne naissance à une petite fille, Henrietta. La commune refuse de reconnaître l’enfant, parce que les deux parents ne vivent pas sous le même toit. Pour prouver que le papa d’Henrietta est Belge, Nethy doit financer elle-même un test ADN. Malgré l’appui de son avocate et de son assistante sociale, le processus est complexe. Un refus administratif la plonge dans des mois d’angoisse. « J’ai pleuré avec ma fille dans les bras dans le bus », raconte-t-elle. Le juge finit par accepter le test ADN, mais Nethy doit avancer les 700 euros nécessaires. Elle parvient finalement à rassembler les fonds. Le test confirme la paternité, mais le soulagement est de courte durée. 

Peu après, elle retombe enceinte. À nouveau, le père refuse d’assumer. Le cycle de violence et d’indifférence se répète. La situation de sa première fille n’est toujours pas régularisée. Nethy se bat, encore. Le 3 juin 2024, elle donne naissance à sa deuxième fille, Alma. Quelques jours plus tard, la commune accepte enfin la déclaration de naissance d’Henrietta. 

En attendant, la situation administrative de Nethy est loin d’être clarifiée. La pièce manquante du puzzle est la domiciliation et l’adresse de référence. Ce sera possible au centre Familles Colmeia du Samusocial, où on l’envoie. 

En novembre 2024, après tant de combats, elle reçoit enfin sa carte orange, et ses filles, leur carte d’identité. « J’ai crié de joie dans la commune. J’étais fière de moi. Le travail a payé. » Elle arrive ensuite aux Casas, dernier tremplin avant le logement privé. Avec l’aide du Samusocial, elle peut se poser, respirer. Et surtout, elle peut rêver. 

Depuis des mois, elle épargne. Son objectif : offrir un toit à ses filles. « C’était mon rêve de me dire que si je ne suis plus là, mes enfants auront quelque chose à elles. » Elle veut leur laisser un appartement, une sécurité. Pas une location à 1 000 euros par mois. Pas l’incertitude. Un chez-soi. Grâce à sa carte orange, elle lance les démarches auprès du Fonds du Logement. Un premier appartement est refusé par l’expert : trop de travaux, trop de risques pour une mère avec deux enfants. Elle accuse le coup, mais persiste. Quand elle reçoit enfin sa carte d’identité, le processus reprend. Cette fois, un appartement à Molenbeek est validé.

Le prêt est accepté. A bientôt 25 ans, Nethy sera propriétaire. « Je vais payer un crédit, mais ce sera pour quelque chose à moi. Je vais mettre 30 ans à la rembourser, mais c’est pour mes filles. » Elle a même passé les tests pour devenir assistante en crèche et attend les résultats. D’ici août ou septembre, elle pourra emménager.

« J’essaie de motiver d’autres mamans des Casas. Puis, du bouche à oreille, elles peuvent motiver d’autres personnes. », espère Nethy.

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