Campagne de vaccination diphtérie : une seconde phase en cours pour une couverture sanitaire complète.
10/07/2026
Après une première phase de vaccination contre la diphtérie, tenue de la mi-avril à la mi-mai, principalement dans le Médibus de Médecins du Monde et au service prévention d’Anderlecht, quartier gare du Midi, les acteurs socio-sanitaires poursuivent la campagne : de la mi-juin à fin juillet, les personnes les plus à risque de contracter la diphtérie pourront se faire vacciner dans une des nombreuses antennes du réseau. Au Samusocial, les équipes médicales de trois centres d’accueil d’urgence sont mobilisées.
Alors que Bruss’Help a coordonné la première phase de vaccination, c’est COVER qui chapeaute cette seconde phase.
Après quatre cas confirmés de diphtérie cutanée dans le secteur de Bruxelles-Midi, les acteurs du sans-abrisme bruxellois lançaient au printemps, sous la coordination de Bruss’help et en partenariat avec Vivalis et le CHU StPierre, une vaste campagne de vaccination dans les alentours de la gare du Midi.
Lors de cette première phase menée pendant un mois, 113 personnes ont pu être vaccinées, et tout particulièrement dans les dispositifs mobiles mis à disposition.
Pour que cette campagne de vaccination soit complète et présente des résultats efficients en termes de santé publique, il convenait de la poursuivre dans une deuxième phase conjointe au réseau. Objectif : parvenir à atteindre encore un maximum de personnes parmi un public particulièrement à risque, à savoir les personnes présentant des plaies importantes et/ou ayant problématiques de consommation avec injection par intraveineuse.
“Pour que cette campagne soit la plus efficiente possible au niveau socio-sanitaire, il allait de soi que la réponse à cette problématique soit concertée et portée par l’ensemble du réseau, avec un chef d’orchestre (Bruss’Help, ndlr). Aucun acteur du sans-abrisme ne peut faire cavalier seul face à la diphtérie cutanée. Avec plus de 10 acteurs engagés dans cette campagne sanitaire, nous espérons prévenir et contrôler cette maladie, ” insiste Marthe Frieden, médecin et chargée de projets au Samusocial.
Une campagne étendue au Quartier Nord de Bruxelles
Si le quartier de la gare du Midi était déjà concerné lors de la première phase, et le reste lors de cette seconde phase, la zone géographique visée s’étend cette fois au Quartier de la gare du Nord, particulièrement fréquenté par le public visé. Un local communal de la Maison ‘Opale’, à Schaerbeek, est mis à disposition pour cette vaccination.
Plusieurs intervenants restent mobilisés pour l’identification des personnes cibles : les acteurs mobiles du quartier Nord (Infirmiers de Rue, Latitude Nord, Cover), les dispositifs d’accueil et de prise en charge (Samusocial, Médecins du Monde), ainsi que les services spécialisés dans la prise en charge des assuétudes (Dune, Transit, la Mass, Réseau Hépatite C Sampas).
Les espaces fixes privilégiés lors de cette seconde phase
Bien que le Médibus de Médecins du Monde reste un espace de vaccination lors de cette deuxième phase, ce sont les espaces fixes qui sont cette fois privilégiés… et notamment trois centres d’accueil d’urgence du Samusocial – qui ont chacun reçu 10 doses de vaccin au lancement de cette deuxième phase – : nos centres pour hommes et femmes isolé·es ‘Poincaré’ et ‘Louiza’, ainsi que notre centre pour personnes vulnérables et médicalisées ‘Prince de Liège’. Les deux premiers centres ayant un turn-over plutôt élevé, ils présentent la possibilité pour nos équipes médicales d’identifier un maximum de personnes potentiellement concernées par cette vaccination ; Quant au troisième, il est évidemment tout indiqué, avec sa particularité médicale et les profils fragiles qu’il accueille
“ En Belgique, seul le vaccin contre la poliomyélite est légalement obligatoire, mais plusieurs vaccins sont vivement recommandés, dont celui contre la diphtérie. Or, les personnes sans abri ont souvent une couverture vaccinale incomplète, notamment dû au fait qu’ils/elles ont un accès aux soins limité, alors même que leurs conditions de vie les rendent plus vulnérables à certaines pathologies”, explique Raphaël Delhalle, Chargé d’Accompagnement médical Urgence sociale.