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Samusocial

Des cuisines individuelles en centre d’accueil : favoriser l’autonomie et les liens communautaires

13/05/2026

Depuis quelques semaines, des odeurs alléchantes s’infiltrent dans les couloirs de l’un de nos quatre centres pour demandeur·euses de protection internationale (à Laeken). La raison ? La mise en place de cuisines individuelles, depuis le 10 avril 2026, dans lesquelles les hébergé·es peuvent désormais préparer eux/elles-mêmes leurs repas.

Il faut dire que ces cuisines étaient attendues. Après trois ans de travaux, les huit cuisines du centre ont pu être installées. Chacune est équipée de trois à quatre taques de cuisson, des micro-ondes, un ou deux éviers, des tables, ainsi que des réfrigérateurs installés dans les chambres. À leur arrivée, les hébergé·es se voient aussi distribuer un kit avec assiettes, bols, fourchettes, poêles… en échange d’une caution de quinze euros prélevée sur leur allocation hebdomadaire. 

Cette réorganisation du quotidien des hébergé·es a aussi permis une nouvelle façon de travailler pour les équipes.On se concentre davantage sur l’accompagnement individuel des hébergé·es, on essaie aussi d’identifier les personnes pour qui la nouveauté est plus difficile à aborder : celles et ceux qui ne parviennent pas à se faire à manger ou même à gérer leur budget. On trouve des solutions pour les accompagner. affirme Antonio, coordinateur logistique & infrastructure du centre.

De nouveaux défis à relever

Pourtant, les défis qu’amènent ces aménagements restent de taille. L’hygiène est d’ailleurs la première problématique engendrée par ces nouveaux espaces. Pour que ces cuisines restent propres, le travail communautaire des hébergés est précieux : à raison de deux fois par jour, les bénéficiaires peuvent nettoyer ces lieux de vie communs en échange d’une rémunération. Il y a aussi le problème des nuisibles. Pour l’instant nous sommes épargnés, mais il y a quand même des risques d’apparition de nuisibles, comme les cafards, les souris etc. On doit surveiller à la fois les cuisines mais aussi les chambres avec les réfrigérateurs.” assure Antonio. 

Sur le plan de la sécurité, ces cuisines autonomes amènent aussi de nouvelles questions, plus particulièrement dans un centre accueillant des familles et leurs enfants. “Nous réfléchissons à installer des systèmes de sécurité sur les taques pour qu’elles ne restent pas allumées plus de quinze minutes si les personnes oublient de les éteindre.”

Le bien-être au coeur des cuisines individuelles

Avant tout, ces cuisines individuelles deviennent des lieux de vie partagés pour les hébergé·es, facilitant les échanges. L’idée d’une plus grande autonomie et d’une responsabilité accrue est au cœur de la demande de Fedasil* avec la création de ces espaces. Pour les familles, la différence est notable : les enfants, et plus particulièrement les bébés, peuvent être nourris au regard de leurs besoins et de leurs goûts, et les parents peuvent tisser des liens familiaux plus forts en créant des moments partagés de cuisine avec leurs enfants. Tous les hébergés ont le pouvoir de choisir ce qu’ils veulent manger, ce qui n’était pas le cas avant, avec la cuisine commune. Et ils peuvent aussi cuisiner des plats de leur pays. 

Ce dernier aspect est fondamental dans la création d’une vie communautaire. Les hébergé·es se réunissent autour de plats issus d’une culture commune, s’échangent les recettes et partagent des repas tous ensemble. Ils sont aussi très demandeurs d’espaces communs. On va transformer le réfectoire et les anciens lieux de stockage, créer des espaces pour faire du sport, des jeux ou regarder la télé.” Des ateliers organisés par des associations et des partenaires externes vont même être proposés au sein du centre pour apprendre à faire la cuisine, plus spécifiquement aux MNA. 

Quelques jours plus tôt, les bénéficiaires se sont réunis au sein d’un Comité des Bénéficiaires, l’occasion cette fois d’aborder le sujet des cuisines individuelles. Et les retours sont très positifs : la plupart des hébergé·es y trouvent une accroche à leurs pays d’origine, améliorant leur santé mentale et physique. Un hébergé partageait même La première fois que j’ai cuisiné ici, j’ai dormi comme un bébé.” 

Le projet s’avère être une réussite, ici à Laeken :  un bon indicateur pour son développement, puisque notre centre de Forest devrait, à son tour, accueillir des cuisines individuelles en 2027. 

*Fedasil est l’agence fédérale qui mandate le Samusocial (comme d’autres opérateurs) pour l’accueil de personnes en demande de protection internationale.

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