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Samusocial

Dispositif d’urgence pour personnes sans-abri

En maraude de jour avec Gaby et Manon, travailleurs du Samusocial

17/01/2019

La pluie tombe sans fin en cette matinée grise. Dans le garage du centre Poincaré du Samusocial, Gaby et Manon chargent la camionnette blanche de tout ce qui pourrait être utile : couvertures, sous-vêtements, chaussures, soupes, café, bouteilles d’eau… Gaby et Manon font partie de «La Maraude», l’unité mobile du Samusocial.

Leur mission est d’aller à la rencontre des personnes les plus vulnérables dans les rues de Bruxelles : personnes sans abri connues de la Maraude,  personnes signalées par des concitoyens ou par elles-mêmes et enfin, les personnes jusque-là inconnues des services du Samusocial.

Notre véhicule traverse Anderlecht et Bruxelles-Ville de toute part, essuie-glaces fonctionnant à plein régime, tentant de trouver des habitants des rues.
Le premier arrêt se fait près du Mont des Arts. Dans le fond, on y trouve Jean, dans une tente. Il sort en nous entendant arriver, l’air assez content de nous voir. Ce n’est pas la première fois que Gaby et Manon le rencontrent. On lui propose de venir au centre Poincaré mais il refuse sec, comme à son habitude. Trop de bruit, trop de monde. La rue, malgré son froid et ses dangers, offre un territoire immense et sans contrainte ou presque. Pour beaucoup, elle est préférable aux centres d’accueils.

Après avoir distribué café et chaussettes, nous nous dirigeons cette fois vers Anderlecht afin de répondre à un signalement.
Nous arrivons sur une petite place pleine de marchands remballant les échoppes du matin. Là, sous l’auvent d’un magasin, essaie de dormir une personne emmitouflée dans plusieurs couvertures, abritée de la pluie. « Samusocial, vous allez bien monsieur ? » annonce Gaby en s’agenouillant à côté de lui. L’homme se redresse à moitié et nous écoute. Manon commence à poser toutes les questions d’usage : « Vous allez bien, pas de blessures ? Envie d’un café, de sous-vêtements ou de quoi que ce soit d’autre ? Et si vous rentriez avec nous au centre, histoire de passer une bonne nuit et de bénéficier d’un check up médical ? »

Une fois encore, il ne veut pas venir en centre. Il semble fâché, frustré. Après quelques minutes, il commence à nous expliquer que chaque matin, un habitant du quartier vient lui prendre ses couvertures et les jette à la poubelle. Et que chaque matin, il est obligé d’aller les rechercher.
Si l’idée qu’une personne prenne le temps tous les matins d’en déranger une autre puisse paraître complètement absurde, le concept ne semble pas étranger aux deux travailleurs de la Maraude. « Des types pour emmerder les autres, il y en a toujours » confie Gaby. « Et les personnes sans abri peuvent être des cibles faciles et sans grandes conséquences. »

 Nous nous remettons en route, à la recherche d’André cette fois. Nous nous dirigeons vers le lieu qu’il occupe habituellement. Mais, personne : le squat a été fermé. André aura certainement trouvé un autre abri entre-temps, du moins nous l’espérons.

Le reste de la matinée s’avère moins fructueux sur notre zone d’intervention, le temps exécrable n’aidant en rien. Il faudra attendre la prochaine Maraude, celle du soir, pour continuer à veiller sur Bruxelles.

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