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Samusocial

Entre demandes d’asile refusées et espoir pour l’avenir : le Samusocial comme refuge pour Anna et son fils

09/06/2026

Des demandes de protection internationale refusées, il y en a des centaines chaque année en Belgique. Mais derrière chaque refus se cachent des rêves brisés, un espoir anéanti et un futur à reconstruire. Cette désillusion, c’est aussi ce qu’a vécu Anna*, alors même qu’elle venait d’accoucher. Sans toit et sans papiers, mère et fils ont trouvé refuge au Samusocial. 

Le 14 mai 2025, Anna donne naissance à Sacha, un petit garçon aux grands yeux ébènes. Mais l’histoire de cette jeune maman n’a rien d’un simple récit de maternité.

Anna est arrivée en Belgique en juillet 2022 avec des rêves plein la tête : elle voulait construire une vie stable, avoir un appartement, un travail… Lorsqu’elle commence cette nouvelle vie, elle rencontre une famille togolaise, de la même origine qu’elle. Ils l’hébergent quelque temps en contrepartie de son aide pour garder leurs enfants. Mais ils ne m’ont pas dit que j’avais besoin de demander l’asile pour vivre légalement ici.” 

Quand Anna décide de quitter cette famille, elle introduit sa première demande de protection internationale en mars 2023, soit neuf mois après avoir posé le pied en Belgique pour la première fois. Elle se retrouve alors projetée dans un centre de la Croix-Rouge. À partir de ce moment, Anna enchaîne les petits boulots grâce à sa carte ‘orange’ : de femme de ménage à intérimaire en usine, Anna tente de subsister en attendant l’aboutissement de sa demande. 

Et après je suis tombée enceinte. Quand le petit est arrivé par césarienne, Fedasil a pris en charge les frais mais j’étais très stressée par l’attente : j’avais peur de ne plus avoir de couverture d’asile alors que je devais garantir une sécurité à Sacha.” Malheureusement, la demande d’Anna est rejetée quelques mois plus tard : elle se retrouve ainsi sans solution d’hébergement, obligée de quitter le centre où elle était accueillie, avec un bébé de trois mois dans les bras. On l’aiguille vers d’autres centres et notamment celui du Samusocial dans lequel elle est hébergée aujourd’hui.

La vie dans le centre : entre accompagnement et vie communautaire

Au début, c’était très difficile, j’ai beaucoup pleuré. J’essayais de répéter à Sacha que ça irait pour nous mais je ne savais pas trop ce que nous réservait l’avenir.” Aujourd’hui, Anna garde le sourire malgré tout. Sa procédure de régularisation avance : Sacha a été reconnu par le père et Anna attend maintenant la date du 23 mars pour déposer le dossier complet pour la reconnaissance de l’enfant auprès de la commune. 

Mais il est parfois difficile de remplir les papiers. Avec l’aide des assistant·es sociaux·ales, Anna tente de récupérer des documents administratifs qui sont encore au Togo. “Heureusement, ma maman m’aide. Elle est encore au Togo et m’envoie tous les documents dont j’ai besoin. Elle me manque beaucoup. avoue-t-elle avec une pointe de tristesse dans la voix. 

Mais son séjour au centre est aussi marqué par des moments chaleureux avec les autres familles. Un repas a été organisé dans le centre pour les fêtes de fin d’année et toutes les familles ont pu profiter d’un peu de magie de Noël ensemble.J’avais peur qu’on soit seuls avec Sacha pour les fêtes, que l’on serait mis de côté. Mais au final, on nous a appelé pour le repas et c’était vraiment magique, j’ai retrouvé un vrai esprit de famille et cela m’a fait chaud au coeur.”

Une confiance en l’avenir malgré les difficultés

Quand Anna parle de son futur avec son bébé, elle reste positive : “Je veux juste que ça aille mieux, je sais que ça va aller pour nous. Avoir mon enfant avec moi, ça me donne envie de me battre pour lui. J’aimerais lui transmettre des valeurs humaines : toujours voir le positif et avoir du courage même si c’est difficile.”

Une fois son enfant reconnu, Anna pourra travailler et avoir son propre appartement. Ce qui lui donne de l’espoir, ce sont ses rencontres avec d’autres femmes du centre dont une femme guinéenne qui a réussi à trouver un appartement. Je lui ai rendu visite le week-end dernier, elle avait l’air bien dans cet appartement avec son fils. Je me suis dit que moi aussi, un jour, je pourrai avoir tout cela. Il faut juste garder espoir.”

*Nom d’emprunt

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