Hébergement d’urgence : la capacité d’accueil des hommes isolés du Samusocial réduite à 240 places à l’approche de l’hiver
30/09/2026
Ce mercredi 30 septembre, le centre WTC, qui propose actuellement 130 places d’hébergement d’urgence pour hommes isolés, fermera ses portes. La perte de ces 130 places, résulte directement de la suppression des 1 000 places annoncée par la Ministre Van Bossuyt en juillet liées au Brussel Deals.
Ouvert le 2 février dans le cadre du Plan ‘Froid Extrême’ et prolongé à deux reprises pour faire face aux demandes d’hébergement en augmentation, le centre de mise à l’abri WTC ferme donc définitivement ses portes ce mercredi 30 septembre après huit mois d’activité.
Depuis l’ouverture du WTC, 5 143 hommes isolés ont été accueillis au Samusocial dont 3 813 au WTC. Pour cette même période, nous avons dû refuser l’hébergement à 18 624 hommes isolés sur un total de 39 202 demandes.
Dès le 30 septembre, et alors que les températures commencent à baisser, nous serons à seulement 240 places* pour accueillir les hommes isolés.
Cette capacité, historiquement basse, est très largement insuffisante au regard des besoins constatés sur le terrain et du nombre toujours élevé de demandes d’hébergement. Cette réduction intervient à un moment critique, alors que la pression sur l’hébergement d’urgence s’intensifie et que les personnes sans solution d’hébergement sont particulièrement exposées aux risques liés au froid et à la vie en rue.
“Être un homme isolé ne signifie pas être moins vulnérable. Pourtant, ce public reste encore trop souvent au second plan. Certains cumulent même plusieurs fragilités, jeune âge, vieillissement, problèmes de santé, qui rendent leur situation particulièrement préoccupante” précise Magali Pratte, Directrice opérationnelle adjointe.
La fermeture du WTC a également un impact pour les équipes qui y travaillent. Sur les 33 travailleur·euses du centre, 25 sont concerné·es par une fin de contrat.
Sarah de Liamchine, Directrice générale du Samusocial: «Cette fermeture est la conséquence directe de la suppression des 300 places financées dans le cadre du Brussels Deal. Les 700 places dont la suppression a été annoncée sont toujours ouvertes à ce jour. À l’approche de l’hiver, et alors que nous constatons quotidiennement que les capacités d’accueil sont insuffisantes, nous plaidons pour que ces places restent ouvertes. D’autant qu’à ce stade, nous ne savons pas encore si nous disposerons de moyens supplémentaires pour ouvrir des places supplémentaires en hiver quand les températures seront négatives.”
BelRefugees est elle aussi directement touchée par la suppression des places financées dans le cadre du Brussels Deal. Son centre Amran, qui accueillait 66 jeunes, a fermé ses portes le 1er août. Cette fermeture a entraîné la perte d’emploi de 21 travailleur·euses et contraint l’organisation à interrompre l’accompagnement des 66 personnes hébergées, qui ont dû être réorientées, lorsque cela était possible, vers d’autres partenaires déjà fortement sollicités. Dans le même temps, plus de 1 000 hommes sont aujourd’hui inscrits sur la liste d’attente de BelRefugees pour accéder à une place d’hébergement d’urgence. Après Amran, la fermeture du WTC réduit encore davantage une capacité d’accueil déjà très insuffisante et fait craindre une augmentation importante du nombre de personnes contraintes de dormir en rue à l’approche de l’hiver.
« Nous supprimons des centaines de places alors que des milliers de personnes sont déjà sans solution. À BelRefugees, plus de 1 000 hommes attendent aujourd’hui une place. Derrière chaque fermeture, il y a aussi des accompagnements qui s’arrêtent, des trajectoires que l’on fragilise et des équipes que l’on perd. Nous demandons que les autorités anticipent l’hiver et programment dans les meilleurs délais les capacités pour gérer la crise humanitaire sans précédent que nous nous apprêtons à vivre. » Mehdi Kassou, directeur général de BelRefugees
Le dernier dénombrement réalisé par Bruss’help en novembre 2024 avait recensé 9 777 personnes sans solution d’hébergement en Région de Bruxelles-Capitale, soit une augmentation de 25 % en deux ans. Le prochain dénombrement prévu le 15 octobre ne fera probablement que confirmer la situation observée sur le terrain.
*200 places au centre Poincaré, à Anderlecht, et 40 places au sein du centre pour MNA en transit situé à Molenbeek.