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Samusocial

Julie, travailleuse socio-juridique à Alif: “J’aimerais que l’on comprenne que ce sont des enfants avant d’être des personnes sans papiers”.

30/04/2026

Depuis son arrivée à la maison Alif, les droits des MENA n’ont plus de secret pour Julie. En presque neuf mois, elle a réussi à tisser des liens sociaux solides avec les jeunes hébergés tout en les accompagnant au long de leurs démarches juridiques. Avec une implication sans faille, Julie a rapidement su s’adapter à cette nouvelle vie au cœur de l’accueil des MENA.

En septembre 2025, Julie entre pour la première fois dans la maison Alif, notre centre pour MENA en errance. “L’été où je suis arrivée, il faisait chaud et il y avait une super ambiance dans le centre : j’ai vraiment été bien accueillie ici, autant par mes collègues que par les jeunes hébergés.”

C’est un peu par hasard qu’elle s’est retrouvée ici : l’ancienne avocate en droit social a décidé de changer de carrière après quatre ans. Quand j’ai vu l’offre, il ne restait pas beaucoup de temps pour postuler, mais je me suis dit “Je veux faire ça”. Ça me parlait tellement : travailler avec des adolescents tout en combinant le droit, c’était parfait !”. Au sein du centre, son travail consiste principalement à suivre les aspects sociaux et juridiques des dossiers de ces jeunes accueillis. “Écoute” et “confiance” sont les maîtres mots pour tenter d’accompagner ce public très vulnérable. 

Pourtant, ce n’est pas toujours facile de bâtir cette confiance : les jeunes arrivent de la rue, ils sont méfiants et  n’ont parfois pas envie de s’aider eux-mêmes. Alors il faut travailler le lien au quotidien. On mange avec eux, on les accompagne dans des activités, on  joue à la PlayStation etc. Je n’ai pas vraiment de recette magique, s’il en existe une j’aimerais bien qu’on me le dise !” plaisante-t-elle. 

La plupart de ces jeunes ne resteront pas longtemps : entre deux et trois mois, le temps de se stabiliser puis de repartir, souvent vers l’Espagne. Alors Julie les accompagne pour comprendre les possibilités d’obtention des papiers, tenter de trouver des points d’ancrage, comme des associations ou des avocats. J’essaie de toujours répondre à leurs questions et de devenir leur premier point de conseil en matière juridique.”

Des liens forts qui se créent entre jeunes et travailleur·euses

Ce qui motive chaque jour Julie, c’est justement de voir ces jeunes avancer et prendre le temps de réfléchir à ce qu’ils veulent faire. Les moments spontanés sont les meilleurs. Je me souviens d’un jeune qui était venu nous montrer sa tenue pour son rendez-vous administratif. Il avait les yeux qui pétillaient, mais ses habits étaient beaucoup trop grands ! Alors on a cherché partout pour lui trouver une ceinture, on lui a retroussé ses manches etc, c’était très drôle.” 

Et après avoir pris le temps de se poser et de réfléchir à leurs opportunités, les jeunes repartent. Mais cela ne veut pas dire qu’ils oublient les travailleur·euses du centre, comme Julie. Beaucoup gardent contact avec le centre et, plusieurs fois par jour, le téléphone sonne, affichant des numéros de téléphone aux indicatifs très variés : Espagne, Belgique, France etc. Cela montre leur attachement au lieu mais aussi l’importance du travail et du lien de confiance créé avec ces jeunes : On n’est peut être qu’une poussière dans leurs vies, mais pour l’instant ils nous montrent qu’on est leurs personnes de référence. Et nous, cela nous rassure de voir qu’ils vont bien et qu’ils sont dans un environnement sain.”

La Maison Alif : un dispositif nécessaire pour ce public spécifique

Ici, en Belgique, la maison Alif est un dispositif assez hors-norme, selon Julie. Sa capacité d’accueil, de quinze jeunes maximum, donne une chance à chacun d’entre eux de repartir sur des bases plus solides. Pour l’ancienne avocate La législation belge n’est pas adaptée au public. J’aimerais que l’on comprenne que ce sont des enfants avant d’être des personnes sans papiers”

Ici, à la maison Alif, ce sont les jeunes qui sont au cœur du dispositif. Cela donne l’occasion de ne plus penser en termes de chiffres. C’est bien l’humain qui est au centre, et ça, c’est ce qui manque dans l’accueil des MENA en Belgique”.

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