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Samusocial

Dispositif d’urgence pour personnes sans-abri

Le Step forward : un logement pour un nouveau départ !

13/03/2019

Peu le savent, le Samusocial est également doté d’un programme Housing First, le “Step Forward”. Objectif ? Travailler à la réinsertion de jeunes personnes sans abri âgées de 18 à 25 ans souffrant de troubles psychologiques et/ou d’assuétudes via la remise en logement immédiate en appartement.
Alexandre, stagiaire à la cellule communication, partage avec vous son reportage après son immersion au sein de ce programme d’insertion géré par le Samusocial.

 

La jeunesse est synonyme d’avenir. Être jeune sous-entend une certaine confiance dans le futur et la capacité d’exploiter les opportunités que la vie peut offrir. Malheureusement, il arrive que de jeunes adultes se retrouvent dans des situations précaires dès leur plus jeune âge.  Que leur vulnérabilité provienne de parents absents, de formes d’assuétude ou de problèmes mentaux non traités, certains se retrouvent tôt dans la rue sans connaître la direction à prendre.

C’est à ces jeunes que s’adresse le programme Step Forward, co-fondé et co-géré par le Samusocial et le CPAS de la Ville de Bruxelles. Né en 2015, le programme se base sur le modèle « Housing First ». Celui-ci part du principe que c’est en retrouvant un nouveau logement que la personne pourra se reconstruire : c’est lorsqu’une certaine stabilité  réapparaît dans sa vie qu’elle peut se pencher sur ses autres problèmes.

C’est au centre d’accueil du « Petit Rempart » que travaillent les deux éducateurs, la psychologue et l’assistante sociale du CPAS qui forment l’équipe du Step Forward. Aude coordonne le projet depuis trois ans. Elle a commencé à travailler au Samusocial en tant que coordinatrice en centre d’hébergement avant de prendre la tête du projet Step Forward. Step Forward se concentre sur une population bien précise : pour être éligible au programme, il faut être âgé de 18 à 25 ans, souffrir de problèmes d’addictions ou bien de troubles mentaux.

Trouver un nouveau logement est le premier objectif. On l’atteint avec l’aide de trois partenaires : le CPAS de Bruxelles qui dispose de logements sociaux, un rassemblement d’agences immobilières sociales et enfin, de nombreux propriétaires privés acceptant de participer au programme. Une fois installés, les jeunes adultes disposent de différentes aides leur permettant d’aller mieux, que ce soit au niveau social, physique ou psychologique.

Deux éducateurs vont accompagner les jeunes dans leur vie de tous les jours : ils s’assurent dans un premier temps que la personne s’intègre bien dans son nouvel environnement et parvient à l’entretenir. Mais ce n’est pas tout : ils veillent également à plus long terme à ce que les jeunes gardent un contact avec le monde extérieur. Les démarches médicales et administratives sont elles aussi supervisées par les éducateurs.

Emilie, la psychologue se charge également d’accomplir des visites à domicile régulières : elles sont primordiales vu que la grande majorité des jeunes suivis par le projet Step Forward présente des troubles psychologiques. Un psychiatre extérieur au programme sert de référent et s’occupe des prescriptions.
Une assistante sociale aide les jeunes à obtenir des allocations de relogement, des aides financières ou encore des primes d’installation. Et tout aussi important, elle leur apprend à gérer un budget.

Aude explique que beaucoup de comportements de base hygiénique ou de respect de l’habitat ne sont pas immédiatement adoptés par les jeunes mis en appartement. Il se peut que cela fasse un moment qu’ils n’ont pas eu de logement ou bien que ces règles ne s’appliquaient pas quand ils vivaient chez leurs parents. Une accoutumance au nouveau milieu est donc nécessaire. Il est déjà arrivé qu’un jeune invite certaines de ses connaissances dans son appartement pour ensuite se retrouver avec plusieurs squatteurs et ainsi perdre le contrôle de la situation. Et ce, malgré la meilleure volonté du monde.

C’est pourquoi deux fois par mois, chaque jeune reçoit la visite d’un des membres de l’équipe du Step Forward. Une sorte de « check-up » social et psychologique pour voir où en est la personne, si de nouveaux problèmes sont apparus et si une aide est nécessaire.
Aude doit d’ailleurs aujourd’hui rendre visite à Laura. Laura a 22 ans et semble plutôt contente de voir Aude, même si une très légère anxiété se fait ressentir. La première chose que l’on remarque est la qualité de l’appartement de Laura. Situé dans un quartier loin d’être désagréable, l’habitat (même si certains rafraîchissements seraient bienvenus) est plus que convenable. Laura dit d’ailleurs bien s’y plaire. Elle a prévu de repeindre le plafond et certains murs avec l’aide de ses amis. Aude et elle passent en revue les divers rendez-vous sociaux et médicaux auxquels elle doit se rendre, papotent un peu… Assez rapidement, la visite se termine.

Quelques jours plus tard, c’est à Emilie, la psychologue, d’aller voir Clémentine, une autre jeune faisant partie du programme Step Forward. Nous nous dirigeons vers Trône, où la jeune femme habite au dernier étage d’un immeuble. L’appartement est propre, petit mais cosy. Clémentine semble se réveiller d’une sieste. Son pied est couvert de bandages, elle vient de subir une opération et ne peut vraiment bouger.

La jeune femme a rejoint le projet l’année de sa création. Mais ses premiers mois dans l’initiative Housing First n’ont pas été concluants. Pour certains jeunes, accepter soudainement qu’ils vont retrouver des barrières et embrasser un nouveau style de vie n’est pas toujours simple. Clémentine admet s’être trop égarée dans plusieurs substances illicites pour se motiver à persévérer au sein du projet. Elle quitte alors Step Forward et disparaît de la circulation pendant un an et demi avant de se retrouver dans un centre d’accueil d’urgence du Samusocial un soir d’octobre. Elle a pu alors être à nouveau mise en contact avec l’équipe du StepForward et a décidé de tenter sa chance encore une fois.

Clémentine dit que ce choix s’est fait assez rapidement. En comparant sa vie lors des huit premiers mois dans le programme par rapport à ce qu’elle a vécu durant l’année suivante, elle décide que le jeu en vaut la chandelle. En effet, elle ne suivait pas ses rendez-vous médicaux et laissait sa santé se dégrader, avant de se rendre compte qu’une forme de structure autour d’elle pouvait lui être bénéfique. Sa santé s’en est améliorée mais pas seulement : « Si je me rends compte à la fin d’un mois que j’ai trop dépensé quelque part, j’en parle à l’équipe et ils m’aident. On en discute ensemble et j’apprends à mieux gérer mon budget. Je vois ça comme un accompagnement social plus que comme quelque chose de dirigiste ».

Clémentine ne se sent pas étouffée par le Step Forward. L’équipe lui apporte l’aide qu’il faut, le cadre nécessaire, tout en insistant sur un apprentissage à l’autonomie. Et si un problème surgit, un filet de sécurité est là pour la rattraper. Et surtout, l’équipe du Step Forward sert d’interlocuteurs neutres : « On peut tout leur dire sans qu’il y ait de jugements. Rien n’est tabou. Quand on parle avec un ami, on a l’impression que si on dit des trucs trop graves, leur perception de toi peut changer. Alors qu’avec le Step Forward, je peux lâcher ce que j’ai sur le cœur et me rendre compte de choses qui ne vont pas dans ma vie rien qu’en parlant ! Même si je ne suis pas d’accord avec ce qu’on me dit, j’écoute, et parfois je change ma façon de penser parce que j’y ai réfléchi ! »

En fin de visite, Emilie et Clémentine se retrouvent seules pour discuter de sujets plus sensibles et privés. Aude et Laura, Emilie et Clementine, ainsi que le reste de l’équipe Step Forward et leurs jeunes ont tissé une relation de confiance où tout peut être dit. Pour beaucoup, cette relation est tout aussi importante que l’apport matériel apporté par le Step Forward.

Début 2018, 22 jeunes étaient en logement. A la fin de l’année, ils étaient 31. Step Forward a donc de son côté les chiffres pour montrer que l’initiative est bonne et fonctionne. Il ne reste plus qu’à espérer que le programme continue de se développer et que davantage de  jeunes en situation précaire puissent avoir accès à ce service d’insertion.

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