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Samusocial

Dispositif d’urgence pour personnes sans-abri

M. François, orienté en maison de repos après 19 mois passés au Samusocial

13/02/2020

Nous avons rencontré M. François dans une maison de repos à Ganshoren où il vit depuis juillet 2019. M. François a 70 ans. Personne ne pourrait croire que M. François a passé 19 mois dans nos centres d’accueil d’urgence, qu’il a pu quitter grâce à un accompagnement social rapproché. Retour sur une tranche de vie délicate, qui appartient aujourd’hui au passé.

La chambre de M. François est propre et rangée. La pièce, située au 4ème étage d’une maison de repos, est baignée de lumière. Tout est calme.
M. François l’est moins : il fait les cent pas. Le temps de replonger dans ses souvenirs, de refaire mentalement le chemin qui l’aura mené au Samusocial, et puis jusqu’à ce havre de paix.

« Je travaillais auparavant dans le secteur bancaire. Cela fait déjà quelques années que je suis pensionné. J’avais mon fils à charge, nous vivions ensemble, on ne roulait pas sur l’or. Un jour, j’ai voulu retirer de l’argent. Mauvaise surprise : ma carte avait été bloquée. »
Bien sûr non sans raison. Il explique, un peu gêné : « un jour, j’ai acheté pas mal de meubles dans une vente aux enchères. Je voulais tout revendre pour me faire un petit bénéfice, mais je n’avais pas compris que pour revendre, il fallait que j’aie fini de payer. L’effet boule de neige s’est enclenché, il y a eu des intérêts, j’étais endetté. Je ne pouvais plus payer le loyer, les huissiers ont débarqué. J’ai mal évalué, j’ai mal géré. Mon fils et moi avons été expulsés. »

Le fils de M. François se rend chez des amis en Suisse, et donne le numéro du Samusocial à son père. « J’ai appelé. J’ai obtenu une place dès le lendemain. C’était le 1er décembre 2018. En faisant la file devant le centre Poincaré, un hébergé m’a dit que la première chose à faire était d’aller voir une assistante sociale. On m’a donné l’adresse d’un centre de jour, le Clos. Je m’y suis rendu le lendemain et quand je suis retourné le soir au Samusocial, ma place était réservée. Ils appellent cela le « report ». A partir de ce moment-là, on m’a reporté, reporté, reporté. Et je pouvais rester en journée. »

 

Le dossier social de M. François est rapidement ouvert : il s’agit de faire appel à un gestionnaire de dettes, afin de mettre en place un plan d’apurement. « On en a fait des démarches ! Lola m’a bien aidée, et Caroline aussi, et puis Hélène…Je ne peux pas citer tout le monde, mais cela m’a fait énormément de bien d’être si bien entouré, je ne me sentais pas seul. »

M. François expérimente rapidement les problèmes d’insécurité au sein du centre, les consignes n’étant pas encore installées : il se fait voler son téléphone, puis son portefeuille. « Au début, je ne savais pas qu’il fallait faire attention à tout. Et puis j’ai trouvé la solution : avoir des pochettes que l’on garde sur soi. » Petit à petit, M. François trouve ses marques et organise son quotidien en fonction des horaires de fréquentation du centre. « Le matin, je me levais vers 07h30, je faisais ma toilette, prenais mon petit-déjeuner. Vers 8h, je m’installais devant le bureau des assistants sociaux ou devant l’infirmerie quand le rush était passé. Le midi, je mangeais une soupe au réfectoire et puis je retournais dans la salle d’attente de l’infirmerie pour charger mon téléphone. Je préférais rester là plutôt qu’en bas, près de l’accueil, où c’était très encombré, très mouvementé, il y avait parfois des gens bizarres. De temps en temps, je sortais, j’allais jusqu’au Pèle-Mêle chercher des livres, des mots croisés ou des sudokus. Et puis le soir, je me couchais très tôt, vers 18h30 : je décidai de ne plus souper, sinon cela me mettait en retard pour avoir les lavabos encore propres. La nuit, c’était parfois rock’n roll dans le dortoir. Le plus difficile au Samusocial, c’est le manque d’intimité. »

En mai 2019, il faut déménager : le centre Poincaré connaît une crise d’infestation de punaises jusque-là inégalée. M. François est transféré au Petit Rempart. Il apprécie la taille plus restreinte du centre : « ce qui était bien, c’est qu’on avait un petit dortoir, nous étions 8. Alors qu’à Poincaré, nous étions 40, parfois 50… et puis, j’avais l’esprit bien plus tranquille par rapport à mes affaires, que je pouvais placer dans une consigne.»
Ce changement de centre correspond également à un changement de stratégie quant à son dossier social : la demande introduite précédemment n’a pas abouti, le juge aurait estimé que les revenus de M. François lui permettaient d’apurer sa dette de manière autonome. Les travailleurs sociaux du Petit Rempart font alors appel au juge de paix pour que celui-ci désigne un administrateur de biens. La démarche est couronnée de succès : les remboursements sont désormais étalés.

Rapidement, M. François apprend qu’une chambre se libère dans une maison de repos : elle sera pour lui. Il emménage en juillet 2019.  « Bien sûr, je suis heureux que ma situation se soit stabilisée. Je ne savais pas où aller avant d’arriver au Samusocial. J’ai été surpris que cela se passe si bien. J’ai toujours été très bien traité. On aurait pu me dire de partir tous les matins en traînant une valise. Aujourd’hui, au niveau du Samusocial, leur travail est fait. Même si je n’ai jamais été sûr de mon sort, j’ai toujours été accompagné et soutenu. On m’a même offert des pralines quand je suis parti ! »

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