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Samusocial

Suppression de 1000 places d’accueil : le risque d’une crise humanitaire au coeur de la capitale européenne

17/07/2026

Après avoir annoncé, début juillet, la suppression du financement de 300 places d’accueil créées dans le cadre du Brussels Deal, la Ministre fédérale de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, vient d’annoncer la fermeture de 700 places supplémentaires. Au total, ce sont 1 000 places d’accueil pour demandeur·euses de protection internationale et personnes sans abri qui disparaîtront dans les prochaines semaines, sur un total de 2 000 places. 

Cette décision brutale est prise sans concertation préalable avec les autorités bruxelloises ni avec les opérateurs de terrain, dans des délais ne permettant pas d’organiser une transition responsable :  un risque majeur de crise humanitaire menace la Région Bruxelles-Capitale. 

Un accueil inconditionnel mis en péril pour des familles avec enfant(s), des femmes et des hommes
Le Samusocial accueille chaque jour, de manière inconditionnelle, près de 1 000  personnes sans abri. Derrière ces chiffres se trouvent des parcours de vie: des enfants, des familles, des femmes – dont un nombre important sont victimes de violences conjugales – , des hommes isolés, autant de personnes qui trouvent dans nos structures un abri, un lit, un repas. Cette offre de première ligne permet avant tout de proposer aux personnes un accompagnement psycho-médico-social visant in fine la recherche de solutions durables de sortie de rue. Nos équipes mobiles d’aide sillonnent également, jour et nuit, les rues de Bruxelles afin de venir en aide aux personnes vivant en rue et n’ayant pas ou plus la capacité de demander de l’aide. En 2025, 9 521 personnes sans abri ont pu être accueillies, parmi lesquelles 2 159 ont pu accéder à une solution de sortie de rue, grâce à cet accompagnement.

Aujourd’hui, sur près de 1 300 places disponibles dans nos centres d’accueil d’urgence, près de 40% sont directement financées dans le cadre du Brussels Deal. Leur disparition aura un impact immédiat sur notre capacité à accueillir les personnes les plus vulnérables.

Des dispositifs déjà à saturation
Nos structures fonctionnent déjà à pleine capacité. Chaque jour, faute de places disponibles, des personnes sont contraintes de rester sans solution d’hébergement, malgré leur sollicitation auprès de nos services.

Le 17 juillet, le Samusocial a ainsi dû refuser l’accueil à :

  • 78 hommes isolés (sur 132 demandes);
  • 6 femmes isolées (sur 42 demandes) ;
  • 55 personnes en famille (sur 83 demandes)

Le dernier dénombrement réalisé par Bruss’help, en novembre 2024, illustre l’ampleur de la saturation des dispositifs d’accueil: 9 777 personnes étaient alors recensées sans solution d’hébergement en Région de Bruxelles-Capitale, soit une augmentation de 25 % en deux ans. Dans un contexte où les besoins ne cessent de croître, toute réduction non anticipée des capacités d’accueil ne pourra qu’aggraver la situation, en augmentant considérablement le nombre de personnes contraintes de rester sans solution d’hébergement et de passer la nuit dans la rue.

Des équipes profondément inquiètes, une expertise menacée
Au-delà des conséquences pour les personnes accueillies, cette décision fragilise également le travail de travailleur·euses engagé·es qui assurent, chaque jour, une mission essentielle au service de la société. Nos équipes accueillent, accompagnent, rassurent et orientent les personnes les plus vulnérables dans un contexte de plus en plus complexe. Les fermetures annoncées menacent non seulement de nombreux emplois, mais aussi une expertise de terrain construite au fil des années, indispensable au bon fonctionnement du secteur de l’accueil d’urgence.

La suppression d’un nombre aussi important de places à l’approche de l’hiver suscite une profonde inquiétude. Elle aura des répercussions majeures, tant pour les personnes accueillies que pour les équipes du Samusocial et l’ensemble du secteur, déjà saturé. Nous risquons de nous retrouver face à une crise humanitaire en plein cœur de la capitale européenne, et de voir réapparaître des tentes et campements de fortune dans l’espace public. Une telle situation est indigne d’une société démocratique qui se veut garante des droits fondamentaux de toutes et tous réagit Sarah de Liamchine, Directrice générale du Samusocial.

Cette décision ne peut qu’avoir des conséquences néfastes sur le vivre-ensemble en Région bruxelloise, et attiser les discours haineux dans un climat déjà très polarisé. Une telle proposition de réductions de capacité devrait obligatoirement s’accompagner de propositions de solutions concrètes de la part de nos responsables politiques. 

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