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Samusocial

Dispositif d’urgence pour personnes sans-abri

Vincent Simon, coordinateur de nuit dans un centre d’accueil d’urgence

04/03/2020

Voilà 10 ans que Vincent Simon a intégré le Samusocial. De stagiaire à référent de nuit en passant par le “streetfundraising”, de la mission “sans-abri” à la mission “demandeurs d’asile”, Vincent connaît bien notre association. Depuis deux ans et demi, il assure la coordination en nuit du centre Poincaré. Vincent travaille en 7/7, de 16h à 02h du matin. Quel est son rôle? Comment s’organise son travail dans le centre? Nous avons passé une soirée avec lui.

16h. Débriefing-Révision des équipes
A mon arrivée, on commence par le débriefing avec les travailleurs sociaux : c’est le moment où  l’équipe de jour transmet toutes les infos importantes à l’équipe de nuit. Démarches sociales entreprises, données médicales partagées (hors secret médical), informations spécifiques sur les nouveaux hébergés, informations transmises par le réseau, problèmes logistiques rencontrés ou problèmes comportementaux de certains hébergés…tout y passe ! Ces réunions sont indispensables, cela nous permet de nous « actualiser » quotidiennement sur la vie dans le centre.
Après le débriefing, je vérifie les effectifs, poste par poste.  Une soirée en « effectif plein », ce sont six travailleurs sociaux, un infirmier, quatre veilleurs pour les étages, deux aides-cuisine, un portier et un polyvalent. Ça, c’est la situation idéale, ce n’est pas toujours le cas !

Heureusement, il existe une tradition de solidarité en ressources humaines au Samusocial : si je suis en sous-effectifs, je peux faire une demande de renfort auprès d’un autre centre. Je commence toujours par le Petit Rempart, qui est le plus proche, mais surtout, beaucoup plus petit. Je sais donc qu’il y a moins de chances que je le déforce par rapport à un autre. Mais si je demande du renfort, c’est que c’est vraiment nécessaire ! S’il ne manque qu’un ou deux travailleurs, on tient !

17h. Check des « alertes-messages »
Une fois les effectifs passés en revue, je vérifie que chaque service « roule », en faisant le tour du bâtiment. Je relève les éventuels soucis techniques, les différentes demandes de matériel…Ensuite, je m’attelle à parcourir et superviser les situations de personnes accueillies afin d’identifier les accompagnements et vérifications prioritaires que l’équipe sociale de soirée devra mener. 

17h30 – Entrée des hébergés
A partir de l’entrée des hébergés, je suis entièrement disponible pour les équipes. Je passe par tous les postes, je ne suis jamais dans un bureau avant minuit, sauf pour les recadrages ou les plaintes, que ce soit au niveau des travailleurs ou des hébergés. Pour les hébergés, c’est plus facile de remettre les « limites » dans un bureau, qui offre un cadre plus intime. Mais si la personne est trop énervée, il en est bien sûr hors de question. Je recueille également leurs plaintes, que je retranscris et qu’ils sont ensuite invités à signer. Cela les responsabilise. Les travailleurs sont systématiquement reçus dans un bureau, pour garantir la confidentialité. On essaie de formaliser au mieux les situations délicates ou de conflit, avant qu’elles n’explosent. 

21h30 – Départ de la maraude et comptage des places restantes
Tous les référents de nuit qui commencent à 21h30 partent en maraude. Cela permet de travailler avec les mêmes maraudeurs pendant sept jours. Leur référent fera une passation à l’équipe de la semaine suivante. Avant leur départ, je les briefe sur les différents signalements reçus et lesquels visiter en priorité. »
21h30, c’est aussi l’heure à laquelle on demande aux personnes de choisir leur lit, ou au moins de se présenter auprès du veilleur de leur étage pour inscription. L’accord pompier auquel le bâtiment est soumis nous oblige à être beaucoup plus stricts quant au respect du nombre de places occupées. Cela ne nous laisse aucune marge de manœuvre (les matelas par terre, c’est fini !), mais on y gagne en qualité de l’accueil !

01h30-02h : retour des maraudeurs
Les maraudeurs sont également ceux qui assureront la gestion de la nuit dans le centre. À leur retour de maraude, je les briefe sur toutes les infos pertinentes relatives à la soirée et aux situations rencontrées qui doivent faire l’objet d’un suivi : je leur indique notamment les personnes devant être réveillées plus tôt pour réaliser des démarches, les personnes souffrantes devant faire l’objet d’une surveillance pendant la nuit… 

« Etre coordinateur de nuit, c’est avant tout avoir un rôle d’interface entre les hébergés et les travailleurs, entre les travailleurs et la coordination générale. Je pense qu’un bon coordinateur, c’est quelqu’un qui ne dit pas aux travailleurs comment faire, mais qui fait avec eux. J’essaye de faire en sorte que tout se passe au mieux, et je n’hésite pas à mettre la main à a pâte, à boucher les trous quand c’est nécessaire. Il faut que la maison tourne, alors parfois, moi aussi je sors les poubelles ou je change les housses des matelas… Ce qui est très appréciable en tant que coordinateur, c’est qu’on peut encore faire un vrai travail de terrain !
Et puis, ma force, c’est d’avoir occupé beaucoup de postes au Samusocial : c’est plus facile de comprendre la réalité des travailleurs quand on est passé par là ! La bienveillance est essentielle.
Et comme Poincaré est passé d’une capacité d’accueil de plus de 400 personnes l’année dernière à 210 places cette année, je me réjouis de pouvoir faire beaucoup plus d’ « informel » auprès des hébergés : avant, nous n’avions pas le temps d’aller vers les personnes les plus désocialisées, celles qui ne venaient pas vers nous. Aujourd’hui, c’est possible…cela aussi participe grandement à l’amélioration de notre accueil ! »

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