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Samusocial

Zakaria, 17 ans, hébergé au centre ‘Alif’ : « Ici, ça change de la rue. J’avais tout le temps peur »

24/02/2026

Cela faisait longtemps que cela ne lui était pas arrivé…depuis quelques jours, Zakaria, 17 ans, dort dans un lit. Il fait partie des 12 MENA ‘en errance’ accueillis dans le dispositif du Samusocial, ‘Alif’, qui leur est dédié depuis fin avril. 

« Ici on est en famille, on s’entend bien, on se sent bien », partage Zakaria, grand sourire aux lèvres, assis dans une chaise de jardin. « Ça change de la rue où c’est très difficile de se reposer : il fait froid et on doit toujours faire attention aux junkies, qui peuvent voler nos affaires. Être au calme, ça fait du bien »

Voilà un mois que Zakaria est en Belgique. A 15 ans, il quitte Rabat, au Maroc, et atteint la Belgique deux ans plus tard, après un long parcours migratoire. « J’ai traversé toute l’Europe », confie-t-il. La traversée de la mer dans un canot pneumatique lui laisse un souvenir de terreur : « On a disparu deux jours dans la mer. C’est un gros bateau qui nous a pris en charge après que le capitaine de notre tout petit bateau a tenu un bébé en l’air pour montrer qu’on n’était pas dangereux et en difficulté »

Une immense prise de risques, lorsque l’on connaît le peu de chances qu’ont les jeunes originaires du Maghreb d’obtenir un titre de séjour en Belgique. « Je suis venu irrégulièrement, confirme Zakaria. Mais j’ai mes raisons. Ma mère est morte. Et j’avais trop d’histoires avec la nouvelle femme de mon père. Et si tu voyais le quartier dans lequel je vivais, tu comprendrais pourquoi je suis parti. »

Mais une fois atteint, l’eldorado européen n’est pas si reluisant.  La déconvenue est même énorme : « C’est plein de galères. J’ai dormi 20 jours dans la rue, à la gare du Nord, dans des squats. J’avais tout le temps peur. Y’a des gens qui t’agressent pendant la nuit. Alors je dormais la journée. Il y a beaucoup de ‘crackeurs’* aussi, et d’héroïnomanes, j’ai vu des bagarres à cause de rien. »
La solitude aussi, lui pèse.«J’ai personne ici. J’appelle régulièrement mon petit frère, pour lui donner des nouvelles. Je ne lui raconte pas tout, je ne veux pas qu’il s’inquiète. »

Zakaria est finalement repéré et orienté vers le centre Alif’ par l’une de nos organisations partenaires. Le dispositif, qui se veut sécurisant, lui permet de se poser, et de bénéficier d’un suivi psycho-médico-social sur mesure : un premier point d’ancrage.
Zakaria pourra rester jusque 6 mois au sein du dispositif. Lui, ce dont il rêve… « c’est l’Europe. J’aime trop la coiffure, d’ailleurs je suis déjà dedans. Je voudrais mon salon, une voiture, une maison, des enfants, un mariage… »
Mais les perspectives sont limitées, il en est conscient. Lucide, il partage : ‘J’aime pas trop penser à l’avenir, mais j’espère que le temps que je vais passer ici va m’aider à avancer dans la vie.’

En savoir plus sur le centre ‘Alif’ 

*Personnes consommatrices de crack

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