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Constats et intentions

Nous le disons chaque année, le terme « sans-abrisme » englobe une multitude d’individualités et de situations différentes auxquelles il faut tenter de répondre de la manière la plus adéquate. Les personnes sans abri de longue durée, les familles, en situation légale ou non, les migrants, les sans-papiers, les jeunes en rupture familiale, les femmes victimes de violences conjugales … Certains souffrent d’assuétudes, de problèmes «psy», de problèmes médicaux. D’autres sont en situation d’urgence ponctuelle et pourront rebondir plus rapidement.

Si les hommes en rue ont toujours été en plus grand nombre que les femmes, les familles et les femmes seules en rue sont de plus en plus nombreuses et il devient difficile de pouvoir garantir chaque jour une place à chacune malgré leur vulnérabilité particulière.

Un modèle de l'accueil en révision

Les conditions particulières de 2020, la pandémie de Covid-19 et les mesures gouvernementales mises en place pour l’endiguer ont eu pour conséquence de voir aboutir une série de mesures que prônait le New Samusocial déjà en 2019, notamment : 

  •  un accueil 24/24H systématique dans tous les dispositifs d’hébergement d’urgence ;
  • des infrastructures adaptées à l’hébergement et permettant un accueil différencié des publics ;

Notre objectif pour 2021 est de poursuivre le mouvement initié afin d’offrir un accueil digne et une prise en charge qualitative aux personnes que nous aidons. 

Des accueils spécifiques à maintenir et/ou développer

Chaque public devrait idéalement être accueilli dans un centre adapté aux particularités de sa situation. C’est un objectif vers lequel nous tendons avec les moyens dont nous disposons, en développant une offre de centres spécialisés offrant un accueil différencié des publics : la Médihalte pour les personnes malades et/ou en revalidation, les centres pour familles dont la situation permet d’envisager une orientation vers des solutions d’insertion, les centres pour femmes dont le premier a pu être ouvert en 2020…

Certes, ces centres qui traitent de problématiques spécifiques et qui ont une taille plus réduite sont souvent plus chers que les grands centres d’urgence, mais ils permettent de démultiplier les solutions de sorties de rue.

Un accompagnement adapté pour améliorer nos recherches de solutions et de remise en logement

La multidisciplinarité psycho-médico-sociale est nécessaire pour une prise en charge immédiate et de qualité de la personne, à la fois pour répondre instantanément à l’ensemble de ses besoins primaires mais également pour l’accompagner vers la sortie de rue et l’insertion.

En outre, il est essentiel pour le Samusocial de continuer à réfléchir sur l’extension de son programme Housing First et de développer son expertise sur le mode d’accompagnement à proposer dans ce format d’intervention.

2020 aura permis de belles avancées en ce sens, avec la création de deux nouveaux projets de “housing” :  la Casa Resalto et Issue. Ces dispositifs d’insertion permettent d’accueillir des personnes autonomes dans une infrastructure humaine plus appropriée qu’un centre d’urgence. Les personnes qui y sont hébergées ont l’occasion de rebondir rapidement et, bien accompagnées par nos équipes, de trouver des solutions de sorties rues adaptées à leurs profils.

 

Le renforcement des équipes mobiles d'aide

Plus que jamais, l’action des équipes de maraude du Samusocial a permis d’apporter une réponse de première ligne aux besoins nés de la crise Covid-19. Nous avons ainsi noué de nouveaux partenariats avec Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières dans le cadre de l’Outreach Support Team afin d’assurer une veille humanitaire et médicale, notamment auprès des personnes vivant en squats. Nous avons également mis en place un programme spécifique de maraude auprès des migrants du quartier Nord, notamment les femmes, …

Par ailleurs, nos équipes mobiles restent le baromètre de l’évolution du sans-abrisme à Bruxelles, le premier niveau d’alerte sur des situations humanitaires nécessitant une intervention d’urgence. Leur action nous permet de suivre l’évolution des mouvements des personnes sans hébergement et l’évolution des squats.

Des réponses à la problématique des « sans-droits » 

Il est essentiel de rechercher des solutions pérennes pour les sans-papiers sur le territoire bruxellois, notamment des solutions de logement alternatives aux centres d’urgence. Ce public représente aujourd’hui plus de deux-tiers des bénéficiaires des centres d’urgence du Samusocial. L’approche vis-à-vis de ce public doit être différenciée de celle vis-à-vis des migrants en transit. Ce qui implique aussi pour le New Samusocial de s’entourer de compétences juridiques appropriées.

 

La nécessité de mieux connaître/étudier le public sans abri à Bruxelles

La diversité des publics aidés sur Bruxelles implique également de travailler en synergie avec les acteurs partenaires de l’aide aux sans-abris, et notamment Bruss’help, dans le développement d’un système commun d’analyse des données (sociologiques, sociales, médicales). De la qualité de nos données dépendra la qualité des analyses et des réponses opérationnelles qui seront déployées en conséquence.

Peu d’analyses existent aujourd’hui par exemple sur la question migratoire dans notre région. Il s’agit d’un enjeu actuel : être mieux outillés afin de pouvoir connaître plus précisément la composition du public sans abri à Bruxelles.